Jeudi 14 juin 2007
Quand j'ai annoncé à mon mari que je ne pouvais plus vivre avec lui, c'était un 13 juin. Le 13 juin 2005.

Oh, ça faisait bien quelques mois, quelques dizaines de mois, que j'y pensais, puis je me disais que non, ça irait mieux, je ne pouvais pas m'être trompée à ce point, ça allait passer, puis ça ne passait pas...

J'avais l'impression que je faisais tout... les enfants ? C'est moi qui les ai voulus, en tout cas Tornade, et le troisième, sûr. Je voulais faire un troisième.
Je voulais une maison à nous, aussi, ça faisait 13 ans qu'on était locataires... On habitait à 15 km de la maison de son grand père, il devait la reprendre, la retaper, mais c'est moi et moi seule qui ai entrepris les démarches, qui l'ai poussé...
Le bébé... je suis tombée enceinte en avril 2005. Le lendemain du test positif, je faisais une fausse couche. A ma grande honte, j'étais soulagée de la faire. A ce moment là, je ne voyais plus d'avenir avec lui. Je crois que c'est à ce moment que j'ai eu le déclic.
Quand il a passé la tête à la porte de la chambre, me regardant me tordre de douleur sur le lit et disant "vraiment, je ne comprend pas ce que tu as" puis refermant la porte. Pas un mot gentil, pas un geste de tendresse, de compassion... Jusqu'au bout, il a été égal à lui même...

A cette époque, je correspondait avec Chéri depuis deux-trois mois. On ne s'était jamais vus encore. Et pourtant c'est lui qui m'a consolée, c'est lui qui m'a prise virtuellement dans ses bras pour passer ce cap difficile...
Et donc, j'ai annoncé à mes parents le jour de la fête des mères (!!!) que je voulais divorcer.
Puis le 13 juin, à M.
On a discuté toute la soirée. J'avais peur de sa réaction, en fait, ça a été très calme.
Il a proposé qu'on fasse un break, qu'on essaie à nouveau.
Je suis resté ferme. Je n'en pouvais plus.
Ce n'est pas qu'on s'engueulait à longueur de journée, non, il a toujours refusé, fuit les discussions...
C'est juste qu'on était deux étrangers, deux colocatires... on ne partageait plus rien, on sortait chacun de son côté, l'un sans l'autre. Et que ça faisait des années que c'était comme ça. Et je n'en pouvais plus.
Chéri et cette fausse couche ont été mes détonateurs... le déclic qui a fait que j'ai osé, osé sortir de cette relation qui me faisait m'enterrer vivante...

Après ce 13 juin, on a beaucoup discutté, avec M. On n'avait jamais autant discuté...
Je culpabilisait beaucoup, quand même. Je lui ai annoncé que je le quittais, sans préavis, sans qu'il ne voie rien venir (il n'a jamais rien vu venir, de toute façon, il ne s'intéressait plus à moi depuis longtemps...) mais je culpabilisais quand  même... surtout que j'avais Chéri, même s'il était marié et que Lex ne savait encore rien, j'avais en tout cas son soutient et son amour virtuel...
Et quand le 15 juin, M me demande si je l'ai trompé, je peux sans mentir lui dire non... Je ne suis même pas surprise quand il me dit "moi non plus, jusqu'à maintenant" Je suis même soulagée quand il me dit qu'il a trouvé quelqu'un...surprise que ce soit si rapide, mais soulagée.

M. est resté habiter avec moi jusque fin septembre, je l'ai quand même presque mis dehors, car en fait, dormir avec J, sa copine, mais avoir toutes ses affaires, son confort habituel à la maison, je pense que ça lui allait bien ,comme situation.
Il ne pensais pas que moi, je n'en pouvait plus, je voulais tourner la page, un peu...

Bref, ils sont partis habiter ensemble... sans les meubles, car dans un meublé, en attendant de trouver un appartement... Je n'avais plus M, mais j'avais encore toutes ses affaires... Et j'ai dû attendre décembre pour enfin vider la maison ;-)

Toujours est-il que malgré ces quelques tracas, finalement, je m'entend très bien avec M, et je m'entend très bien avec J, sa copine.

Même quand la situation est tendue parce qu'il n'écoute pas les dates des vacances et les prend n'importe comment, ou quand il me dit qu'il n'a plus de jours de vacances et qu'il ne peut pas prendre les enfants et que ce serait bien que je les garde moi... même dans ces moments là, on ne s'engueule pas.
On boit même l'apéro tous les 4, Chéri, M, J et moi, quand ils rammènent les enfants, ou quand on va les chercher...

J'ai quité mon mari le13 juin 2005.
On a divorcé, pur hasard, le 13 juin 2006.
Ca fait donc deux ans.

SI je fais le bilan, je peux dire que j'ai raté mon mariage, mais que j'ai très bien réussi mon divorce. Et c'est déjà beaucoup !!!
par eddie publié dans : C'était hier
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Mardi 28 novembre 2006
J’ai déménagé plusieurs fois dans ma vie. Sans compter les déménagements avec mes parents, la première fois a été pour partir de chez mes parents pour aller habiter avec M, mon futur mari, que j’ai arraché à 28 ans de chez ses parents éplorés. J’avais moi 20 ans.
Un petit appart’ de 45 m² en rez de chaussée loué à 2600 F par mois (environ 400 €). Au bout de quatre ans, je n’en pouvais plus, trop petit, trop sombre, trop humide. M, lui, ne voyait pas le problème, ça lui allait bien.

Je l’ai donc traîné vers un nouvel appart, bien plus clair de 70 m², pour environ 520 € (je ne me souviens plus très bien). J’ai passé le concours de prof, on s’est mariés. J’ai été mutée à Marmande, à 2h de route de Toulouse où nous habitions alors. Lui travaillant sur place, j’ai donc loué une chambre là bas, et je rentrais tous les week end. Il n’est venu qu’une fois à Marmande. J’étais alors enceinte de Buldozer, j’ai accouché en cours d’année, et j’ai ensuite été mutée à Dax.

« Nous » avons donc redéménagé. Cette fois, je voulais une maison, j’en ai trouvé une grande, une ferme landaise rénovée, de 130 m² avec un grand jardin (plus de 1000 m² mais en pente) pour environ 640 €. Je dis « nous » car M. n’avait pas quitté son boulot à Toulouse et je me retrouvai donc seule, dans une ville inconnue, dans un nouveau lycée, avec un bébé de 5 mois. Bon, M revenait le week end, mais quand même. Mais bon, il se trouvait bien, à vivre comme ça, la semaine chez ses parents, coq en pate, le week end chez lui, à la campagne… C’est à nouveau moi qui l’ai poussé à démissionner en janvier car je n’en pouvais plus. Cette maison, que j’ai visité en juin un jour de magnifique soleil, s’est finalement révélée TRES humide (murs noirs de moisissure et salpêtre partout, joints de carrelage constamment mouillés, etc). M. ne voyait pas où était le problème, il s'y plaisait bien et ne comprenait pas. J’ai tenu 4 ans, Buldozer toussait tout le temps, Tornade arrivée entretemps menaçait de prendre le même chemin, et encore une fois j’ai insisté pour qu’on parte.

On est partis à Pau, M. ayant plus de possibilités de trouver du travail là bas que dans le trou paumé qu’est Dax. Une grande maison claire, presque neuve (3 ans), de 145 m² (avec un doute sur la surface à cause de la hauteur sous les combles) et un jardin plat de 1000 m², pour 670 € par mois au moment de notre emménagement.
Je travaillais toujours à Dax, par contre, et avait donc 75 km aller (1h10) de route. Cette maison était très bien, jusqu’à ce qu’on se rende compte que le proprio avait son potager juste à côté et que donc il venait pratiquement tous les jours, et ne manquait pas de critiquer dès que quelque chose ne lui convenait pas (hauteur de la pelouse, planches en vrac, etc)… de plus, nous étions à 2km de l’aéroport, et les avions tournaient souvent au dessus de chez nous, sans compter les avions militaires et les hélicoptères (Pau est connu pour ses paras). La boîte de nuit à côté, elle, ne faisait pas de bruit. Les gens qui y allaient, eux, par contre, oui. Musique à fond, vitres ouvertes, coups de freins, le tout à l’aller à minuit, et au retour à 5h du matin. Il était donc impossible de dormir les vitres ouvertes en été, un comble ! Et la petite route de campagne qui longe la maison s’est aussi révélée très passante, et ce dès 6h du matin. Le pompon a été avec le proprio qui a fait aménager le hangar attenant en minuscule appart pour loger un ami. Un ami fumeur. On partage la même toiture, et la fumée allait directement dans la chambre des enfants. Contente.
Sans oublier le loyer qui augmentait (légalement, j'enrage) et qui était de 760 € au moment de notre départ 3 ans et demi plus tard.

Bref, quand M est (enfin) parti (ça aussi, c’est toute une histoire, je la raconterai plus tard), et que Chéri est venu par la suite, il était clair que nous ne resterions pas là. Soit j’avais ma mutation et on remontait vers Metz, soit, et c’est ce qui est arrivé, Chéri aimait la région, et on décidai d’acheter dans le coin.


Et voilà, vous avez vécu en (presque) direct mon tout dernier déménagement.


Qui a dit « avant la maison de retraite » ? ;-))
par eddie publié dans : C'était hier
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Samedi 18 novembre 2006
Chéri et moi sommes tombés amoureux sans nous voir, juste les mots, la parole, la voix… 6 mois de messages internet, d’appels cachés, de doux murmures…

Quand nous avons décidé de nous voir, je m’étais déjà séparée de mon mari, oh, de frais, ça devait faire à peine un mois.
Chéri, lui, était dans une situation plus compliquée. Il lui avait parlé, avait essayé de lui dire qu’il ne l’aimait plus, elle ne voulait pas y croire. Sa situation était difficile, mais nous avions besoin de nous voir. Il ne fallait pas qu’elle sache, cela empirerait encore les choses.

Comme je n'avais plus ces problèmes, c’est moi qui suis venue le voir. J’ai pris le train, 12 h de voyage.

Il m’attendait à la gare, je le savais, mais au moment où le train s'approchait, j’étais anxieuse. Nous avions bien échangé des photos, mais « en vrai », c’est pas pareil… Allions nous nous plaire ? Cette alchimie que nous avions ressentie allait elle continuer ? Est-ce que j’allais lui plaire ? Est-ce qu’il serait là pour de vrai ? N’allait-il pas avoir peur au dernier moment ?

Quand je suis descendue sur le quai, je le cherchais dans la foule..où était-il ? Puis je l’ai apperçu, au loin, et plus rien d’autre n’a existé.

Chéri me dit que lui m’avait apperçue, déjà, mais ne pouvait m’appeler, trop loin, et que quand je l’ai enfin vu, mon visage s’est illuminé.

Moi qui suis une grande cogiteuse, qui passe mon temps à me poser des questions, à essayer d’anticiper, de prévoir, là, pour la première fois, je me suis laissé porter par les évènements.

Plus rien d’autre n’existait que ses bras, son cou, son odeur, tout ce dont nous avions été privés pendant ces longs mois…

Cette première rencontre fut magique.

Certes, on a eu des moments de stress aussi, mais je n’oublierai jamais ce premier regard, sur le quai, ce premier baiser échangé…
par eddie publié dans : C'était hier
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Mercredi 18 octobre 2006
Un récent article de Laflote sur la notion de partage m'a fait remonter un obscur souvenir de ma jeunesse (hier, donc ;-p)...

Lorsque j'étais plus jeune, et naive, mes copines de collège (école française à Munich, y'avait pas beaucoup de distractions pour nous en français, là bas) allaient un dimanche sur deux aux réunions de scout. Il me semble me rappeler que c'était les Scouts de France, mais je ne sais plus. Bref.

Comme je voulais faire pareil, j'ai convaincu mes parents de m'y ammener aussi.
Donc un week end sur deux, j'allais à la messe (obligée) puis à la réunion.
Je n'en garde en fait aucun souvenir. Je ne me souviens plus du tout ce qu'on y faisait.

Je me souviens juste de ce souvenir, justement sur le partage :

à la fin d'une réunion, après le gouter, il restait deux gateaux, et nous étions une 20aine.
Le curé demande "qui veut un gateau ?"
Instinctivement, TOUS LE MONDE a pensé à toute vitesse "si je lève la main, je passe pour gourmand(e), donc je n'aurais pas de gateau, donc je ne lève pas la main".
J'ai donc été la seule à lever la main, gourmande assumée et honnête, aussi.
J'ai eu le gateau.
Quand le curé a demandé "qui veut le dernier gateau", tout le monde a fait le raisonnement inverse "elle a levé la main et l'a eu, je vais donc aussi lever la main"
Moi, j'avais un gateau, je laissait donc l'autre gateau pour mes camarades, et j'ai donc été la seule à ne pas lever la main.
Et j'ai eu le deuxième gateau :-)

Je vous dis pas le brouhaha qui s'en est suivi, les réactions de jalousie et d'injustice, alors que j'avais certainement été la seule à agir de manière honnête et spontannée.
Bref, je sais que j'ai partagé mes gateaux avec mes copines, mais je ne sais plus en combien (surement 4, je pense)...

Je n'y suis pas resté longtemps, aux scouts. Déjà, je ne trouvais pas normal les grands discours, partage, tolérance, etc... et que le curé et ses assistantes n'appliquaient pas... Je n'aimais pas non plus l'ambiance hypocrite qui regnait, les faux culs... et la cerise sur le gateau a été le curé qui me reprochait de ne pas aller à la messe tous les dimanches, mais juste le dimanche des réunions...

J'ai vite laissé tomber ce milieu nauséabon...
par eddie publié dans : C'était hier
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Vendredi 13 octobre 2006

Mon portable et moi

Au départ, pas une grande histoire d’amour.

J’étais même plutot contre, la preuve, lorsque je suis partie en stage IUFM pendant plusieurs semaines en 1997, je n’en avais pas, et mon (ex)mari (que nous appellerons ici M.) et moi ne nous appelions pratiquement pas (manière de dire,je ne me souviens même pas si on s'est appelés !).

Mon premier portable, je l’ai acheté en 1999, lorsque j’ai été enceinte, nommée à Marmande alors que nous habitions Toulouse, et donc absente toute la semaine. C’était un truc atrocement lourd, je ne me souviens même plus du forfait que j’avais, à la carte, il me semble.

Quand j’ai accouché, puis déménagé à Dax, je l’ai gardé un peu, car M n’était pas pressé de changer de boulot et travaillait toujours à Toulouse, ne rentrant que le week-end… Lorsque qu’il a enfin décidé de démissionner (sous ma pression !), je n’ai plus utilisé le portable, qui a rouillé au fond d’un carton.

Mon deuxième portable, ou plutôt celui que j’avais acheté à M, était aussi à carte. Je lui ai acheté, car j’étais enceinte à nouveau, et lui en stage à Auch (plus de 200km de Dax) et donc absent toute la semaine.

Il faut dire que le portable ne nous a pratiquement jamais servi à nous téléphoner pour se parler, juste de rares fois, donner des informations urgentes, c’est tout.

Ce deuxième portable m’a encore servi un peu, j’ai toujours renouvelé la carte, par principe. Quand M est parti en stage à Pau, 75km, il a refusé de rentrer tous les soirs, et donc j’étais à nouveau seule la semaine.

Plus tard, on a déménagé à Pau, moi je continuais à travailler à Dax, mais je rentrais tous les soirs !

Le portable était donc toujours rechargé, au cas où.

Mais il ne me servait pratiquement pas. Je ne savais même pas envoyer des sms.

Et puis, et puis….

J’ai connu Chéri (je raconterai ça en détail plus tard).

Nous avons d’abord communiqué par forum interposé, puis msn (Laflote, si tu nous lis !), pendant quelques semaines.

Puis il a proposé qu’on s’envoie des sms, de temps en temps.

Et puis il a demandé un coup de téléphone. Un seul, pour s’entendre une fois. Mon portable a donc repris du service, le coeur battant à l'idée que M ne me surprenne ;-)

Et puis petit à petit, l’appel occasionnel est devenu de plus en plus fréquent.

J’ai à nouveau changé de téléphone, mais cette fois-ci, pour un tout neuf, avec forfait, et surtout, numéro illimité !

Et j’ai commencé à ne plus pouvoir me passer de ce portable. Les appels le soir, à voix basse, discrets, les appels volés la journée, pendant le boulot…

Qu’est ce qu’il a été important, ce téléphone !

Il a maintenu le lien entre chéri et moi, il nous a fait nous connaître, alors que nous habitions à 1200 km de distance ! ! ! (plus loin, c’est les DOM-TOM !)

Nous sommes tombés amoureux sans même nous avoir vus.

Notre premier appel a eu lieu il y a moins d’un an et demi… que de chemin parcouru depuis !

Je ne dirais jamais assez merci au numéro illimité !

par eddie publié dans : C'était hier
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